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Voici pourquoi manger une fois par jour divise totalement les médecins

Vous pensiez tenir la solution miracle pour arborer une silhouette à la Bruce Springsteen à 75 ans ? Peut-être bien… ou peut-être pas ! Le régime « un repas par jour », qui a conquis quelques célébrités, suscite autant d’enthousiasme que d’inquiétudes chez les médecins. Décryptage d’un mode d’alimentation qui fait plus débat qu’un classement de hits américains.

Quand Bruce Springsteen dîne (presque) seul… et inspire Coldplay

Qui aurait cru que la vitalité spectaculaire du Boss, encore en tournée mondiale à 75 ans, viendrait non seulement de ses guitares, mais surtout de son assiette ? Dans les colonnes du Times, Bruce Springsteen a révélé privilégier un unique repas quotidien accompagné d’un « peu de fruits le matin », expliquant ce choix par son désir de « rester mince et en forme ». L’anecdote ne serait qu’une curiosité si Chris Martin, leader de Coldplay, n’avait pas confirmé s’être inspiré de Springsteen pour maintenir sa propre silhouette, lors d’un passage dans le podcast Conan O’Brien Needs a Friend. Une simple lubie de stars ou un exemple à suivre ?

Le régime OMAD : pas de mode d’emploi… mais beaucoup de questions

Le régime « One Meal A Day » (OMAD) consiste, comme son nom l’indique, à ne manger qu’une seule fois dans la journée, soit l’équivalent d’un jeûne de 23 heures. Que vous choisissiez le petit-déjeuner, le déjeuner ou le dîner, peu importe : toutes vos calories sont concentrées sur un seul repas. Etonnamment, aucune directive nutritionnelle stricte : il serait possible de manger ce que l’on veut. En revanche, côté boissons, il est recommandé de privilégier l’eau, le thé ou le café, à condition qu’ils soient sans la moindre calorie. Pratique pour ceux qui n’aiment pas se casser la tête… mais peut-être pas sans risque.

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Les promesses (et les revers) du repas unique selon les experts

Pourquoi tant d’adeptes ? Parce que la perte de poids serait au rendez-vous, et rapidement. Selon Claire Kalchman, médecin du travail et nutritionniste, l’OMAD déclenche un processus appelé « cétose » : l’organisme puise son énergie dans les graisses plutôt que dans les glucides, faisant ainsi baisser la glycémie. Rien de tel qu’un bon jeûne pour mettre le système digestif au repos et offrir un petit effet détox au passage. Sur le papier, tout paraît idyllique.

Mais… il y a toujours un mais. Claire Kalchman nuance sévèrement l’intérêt du OMAD : « Le négatif prend largement le dessus sur le positif. » Les risques sont nombreux :

  • carences alimentaires,
  • déshydratation,
  • somnolence, irritabilité,
  • effet yo-yo avec reprise rapide – voire accentuée – du poids dès le retour à une alimentation normale.

Et ce n’est pas que le corps qui trinque : les conséquences mentales peuvent être « dévastatrices », avec l’émergence de troubles alimentaires compulsifs, surtout chez les plus jeunes.

Soulignons que tout le monde n’est pas du même avis. Certains pratiquants du OMAD témoignent au contraire d’une pleine forme, de valeurs sanguines « au top » et d’une hydratation impeccable (merci l’eau, le thé et le café sans sucre !). À chacun son expérience, mais le bon sens invite à rappeler que ce qui convient à certains peut ne pas convenir du tout à d’autres – comme le saut à l’élastique pour les cardiaques !

Des alternatives, mais pas de recette miracle

Pour ceux qui flirtent avec l’idée du jeûne mais n’osent pas le grand saut, il existe des solutions plus modérées : le jeûne intermittent. Ce mode consiste à ne rien manger sur une plage horaire définie, avec plusieurs variantes :

  • un jour sur deux,
  • un jour par semaine,
  • le fameux « 5:2 » (cinq jours d’alimentation équilibrée, deux jours de restriction calorique),
  • ou encore le jeûne dit « nocturne » de 16 heures.
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Faible bémol : les recherches restent limitées et, d’après Alice H. Lichtenstein du centre de recherche en nutrition humaine de l’université de Tufts, les résultats sont mitigés et obtenus sur de courts échantillons et peu de temps. Rien de péremptoire donc.

Pour s’occuper de sa ligne sans trop de casse-tête, la Dr Kalchman préconise plutôt de miser sur une alimentation à indice glycémique bas. Il s’agit de privilégier :

  • les féculents complets,
  • les légumes verts,
  • les oléagineux,
  • les fromages à pâte dure.

Un conseil valable pour tous, des diabétiques aux familles au complet. Sa recommandation ultime : « S’écouter. » Au lieu de se torturer l’estomac à grands renforts de tendances, il s’agit de rester connecté à ses propres sensations. Si l’on peine à y voir clair, rien de tel qu’un accompagnement par un professionnel de santé.

Le mot de la fin ? Mangez quand vous avez faim, mais pas question de se jeter sur des burgers à chaque repas ! Après tout, le corps a ses propres signaux – et très peu de stars du rock à l’intérieur…

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