Pourquoi tous les regards se tournent vers moi à la salle de sport ? Spoiler : ce n’est pas seulement à cause de mes baskets fluo.
Premiers pas dans le « temple du culte du corps »
Ça y est, aujourd’hui, c’était le grand saut. J’ai poussé la porte d’une salle de sport, un abonnement tout neuf dans la poche, l’espoir de perdre du poids ancré quelque part entre mes lunettes et mon jogging. Oui, aujourd’hui, j’étais la petite grosse binoclarde qui arrive, pas très sûre d’elle, prête à affronter tapis de course et regards parfois pesants.
Pourquoi cette inscription ? Parce que le reflet dans le miroir n’est plus supportable, tout simplement. Je veux retrouver un bien-être mental, remettre ma santé sur le devant de la scène. Peut-être qu’une société idéale m’aurait appris à aimer mon corps tel qu’il est, avec ses formes et son poids. Mais la réalité, c’est que ce poids-là, il est devenu un gros problème pour moi. Pas pour les autres, pas pour la voisine qui bouffe des cookies devant Netflix pendant que je transpire, mais bien pour moi.
Entre complexes et machines infernales
Là, dans ce sanctuaire où l’on célèbre les abdos bien dessinés et les silhouettes athlétiques, entourée de filles fines comme des lianes et de mecs sculptés à la serpe, je me sens à des années-lumière du profil Instagram « fit & healthy » qui fait rêver. Mais ce n’est pas grave.
Je ne sais pas encore où cette aventure va me mener. Ma motivation ? Très variable ! Est-ce que j’atteindrai mon objectif ? Aucune idée. Est-ce que je vais en avoir marre ? Probablement. Baisse de motivation ? Oh que oui ! Parce que ce chemin, je le connais déjà. J’ai déjà été membre de ce club, celui de la motivation qui suit la tendance du yoyo.
- J’ai déjà fait des séances de torture, version « sport pour perdre du poids ».
- J’ai testé les régimes draconiens et les « sèches » punitives.
- J’ai mangé de la « prot’ », à en détester la moindre omelette blanche d’œuf.
La différence cette fois ? Je sais ce que c’est. Mes précédentes expériences me servent de leçon. Forcément, le regard des autres, je le sens bien. Il y en a toujours qui jugent un peu, surtout quand je fais 20 minutes de tapis à 5 km/h. Pas assez ? Probablement pour eux. Mais franchement, si certains n’ont que ça à faire…
Le regard des autres : leur problème, pas le mien
Alors oui, je suis sans doute jugée quand je marche vite sur mon tapis. Certains se disent que je pourrais faire plus, ou mieux. C’est très probable. Peut-être même que je deviens « la distraction cardio » de la salle à certains moments.
Mais vous savez quoi ? Je n’en ai rien à faire. Définitivement, ce n’est pas mon problème, c’est le leur. Moi, je sais pourquoi je viens. Je suis lucide : mon corps ne peut pas en encaisser plus pour l’instant. C’est comme ça, et c’est OK. Le principal, c’est d’avancer à mon rythme.
Parce que finalement, personne n’est monté sur mon tapis à ma place, personne n’a vécu dans ma peau. Ils peuvent bien penser ce qu’ils veulent… Je ne vais pas essayer d’épater la galerie avec un sprint de 30 minutes si je suis déjà fière de terminer, sensiblement essoufflée, mes 20 minutes à 5 km/h.
Conclusion : avancer, peu importe le décor
Ce qui importe, ce n’est pas de correspondre à l’image parfaite que nous impose la société, le patriarcat ou l’on-ne-sait-qui. Ce qui compte, c’est de se souvenir pourquoi on a commencé, et d’avancer, à sa façon. Que ce soit le premier pas, le dixième abonnement, ou la huitième fois qu’on ferme la porte en se promettant qu’on ne reviendra jamais… le vrai courage, c’est de revenir. Même lentement. Même sous les regards. Même avec ses doutes et ses baskets dépareillées.
Alors la prochaine fois que tous les regards se tournent vers moi à la salle de sport, je sourirai (enfin, peut-être intérieurement si je suis en apnée sur le vélo), parce que je sais que je fais ça pour moi.



