Sport avant ou après le petit-déjeuner : ce que vous risquez vraiment
Vous êtes du genre à bondir du lit en collants fluos pour aller courir avant le café ? Ou à ne jurer que par les tartines de confiture avant la moindre goutte de sueur ? Ce grand débat anime bien des petits-déjeuners (ou des séances d’abdos ratées). Mais, au-delà du goût pour la tartine ou la transpiration matinale, y a-t-il vraiment un risque ou un bénéfice à enfiler ses baskets avant ou après le premier repas du jour ?
Le sport, allié vital contre le diabète et les maladies cardiovasculaires
L’exercice est recommandé pour tous, sans exception. Mais il devient carrément crucial pour les personnes en surpoids ou obèses. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il permet de réduire les risques de développer un diabète de type 2 ou des maladies cardiovasculaires, deux fléaux qui guettent de plus en plus de monde.
Cependant, entre le boulot, la famille, et les séries qui font de l’œil, on n’a pas toujours le temps d’enchaîner les séances. Faut-il alors s’entraîner davantage, ou existe-t-il un moyen de rendre chaque minute sportive plus efficace ? Une étude de 2019 s’est penchée sur la question, avec à la clé une astuce qui pourrait bien changer la donne.
Au cœur du processus : l’insuline et la gestion du sucre
Pour comprendre ce qui se joue dans notre corps, faisons connaissance avec l’insuline. Cette hormone a pour mission de contrôler la glycémie, autrement dit le taux de sucre dans le sang. Après un repas, l’insuline permet au sucre d’être transporté dans les muscles, où il peut être stocké ou utilisé comme carburant.
En cas de manque d’activité physique, surtout si l’on prend du poids, l’organisme doit produire davantage d’insuline pour remplir cette mission. Résultat : on devient moins sensible à l’insuline – c’est ce que l’on appelle l’insulinorésistance, un facteur de risque du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires.
La bonne nouvelle ? L’exercice améliore notre réponse à l’insuline, et donc, notre capacité à gérer le sucre sanguin. Et ce, même si on ne remarque rien à l’œil nu.
Avant ou après le petit-déjeuner : quelles différences ?
L’étude menée sur six semaines (avec 50 minutes de vélo supervisé trois fois par semaine) a séparé les participants en deux groupes.
- Dans le premier, des hommes obèses ou en surpoids faisaient du sport avant le petit-déjeuner, donc à jeun.
- Dans le second, l’exercice venait après avoir mangé.
Verdict ? Les sportifs du matin à jeun présentaient un meilleur index insulinique après l’entraînement : ils avaient besoin de moins d’insuline pour maîtriser leur glycémie. Traduction : un risque moindre de développer un diabète ou une maladie cardiovasculaire par rapport à ceux qui s’entraînaient après le repas du matin, chez qui aucune amélioration n’a été constatée.
Mieux encore, le groupe « à jeun » brûlait le double de graisse par rapport à ceux qui attendaient le petit-déj’ avant d’enfiler leur maillot. Cette hausse de la combustion des graisses durant l’exercice pourrait expliquer les bénéfices constatés sur la santé.
Attention, toutefois, à ne pas sauter trop vite sur la conclusion que plus on brûle de graisse, plus on maigrit ! La réalité est moins sexy : le facteur fondamental pour la perte de poids, c’est l’équilibre énergétique :
- Quantité d’énergie absorbée (ce qu’on mange et boit)
- moins l’énergie dépensée (y compris celle perdue à maudire le réveil ou à pédaler dans le salon)
Certes, sauter le petit-déjeuner et faire du sport peut, sur une journée, créer un bilan énergétique plus négatif que manger puis s’entraîner. Mais les données indiquent que si seul le moment du sport par rapport au repas change (sans jeûner complètement), la perte de poids reste la même, même si la combustion des graisses diffère.
En résumé : brûler plus de graisse pendant l’exercice ne veut pas forcément dire perdre davantage de poids. Tout est une question de bilan global.
Femmes, intensité, et perspectives (non, ce n’est pas un titre de roman)
L’étude n’a, pour l’instant, été menée que chez les hommes. Il reste donc à vérifier si ces effets se retrouvent chez les femmes. Mais il est probable que l’effet soit similaire pour l’exercice avant ou après le repas.
Autre point crucial : ce protocole s’applique à des exercices d’endurance d’intensité modérée, comme le cyclisme ou le jogging. Inutile donc de généraliser ces résultats à la musculation ou aux entraînements ultra-intenses (désolé les haltères, ce n’est pas pour vous cette fois-ci !).
Enfin, rappelons-le : prendre son petit-déjeuner avant le sport réduit la combustion des graisses, et bouger à jeun pourrait donc être bénéfique pour la santé, notamment face à la vague de diabète de type 2 qui déferle.
Conclusion sucrée (ou pas) :
Si vous visez le jackpot santé, enfiler vos baskets avant d’attaquer la tartine pourrait vous aider à mieux réagir à l’insuline et à limiter certains risques. L’essentiel reste pourtant de bouger, peu importe l’heure ! Et si vous voulez partager une anecdote insolite sur votre routine matinale, n’hésitez pas à en parler autour du café (avant ou après le jogging, promis, on ne juge pas).



