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L’heure à laquelle vous faites du sport change-t-elle vraiment vos résultats ?

Vous êtes plutôt du matin, prêt à sprinter avant votre café, ou du soir, adepte de la muscu après le boulot ? Le débat sur l’heure idéale pour s’entraîner divise même les joggeurs du dimanche. Mais, au fond, l’heure à laquelle vous faites du sport peut-elle vraiment booster vos résultats (ou au moins votre ego) ? Zoom sur ce que la science sait à l’approche des Jeux olympiques parisiens… et sur ce qui pourrait, qui sait, faire de vous le champion du bitume local !

L’heure dorée de l’effort : que dit la recherche ?

Vous pensiez que l’efficacité de votre séance dépendait uniquement de l’intensité, du nombre de burpees ou de la playlist ? Détrompez-vous : selon de récentes études relayées par la BBC, il existerait un véritable « moment optimal » dans la journée pour faire exploser ses performances sportives. À tel point que, selon les données recueillies lors des Jeux olympiques d’Athènes (2004), de Pékin (2008), de Londres (2012) et de Rio (2016), les 144 nageurs médaillés étaient significativement plus rapides lorsqu’ils concouraient… en fin de journée, aux alentours de 17h12 précisément. Vous avez bien lu : le chrono ne serait pas seulement l’affaire des centièmes, mais aussi de l’horloge !

Et les nageurs olympiques ne sont pas les seuls à bénéficier de cette « golden hour » sportive. Cyclistes amateurs lors de courses contre la montre, adeptes de la résistance… leurs meilleures performances fleurissent aussi entre 16h et 20h. Qui aurait cru que vos muscles avaient, eux aussi, leurs préférences horaires ? Mais pourquoi ce pic en soirée ?

Le rythme circadien : conducteur secret de nos exploits

La clé de ce mystère réside dans ce qu’on appelle le rythme circadien, alias « l’horloge interne du corps humain ». Cette petite merveille, nichée dans l’hypothalamus, synchronise toutes nos fonctions biologiques en fonction de la lumière : un signal part du nerf optique, passe par le noyau suprachiasmatique puis diffuse des messages dans tout le corps – muscles, tissu adipeux, organes –, en mode chef d’orchestre métabolique.

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C’est dans ce contexte que Juleen Zierath, physiologiste de l’exercice à l’Institut Karolinska (Suède), et son équipe ont exploré le lien entre l’horloge biologique et la performance physique. Leur verdict : selon le moment où vous vous dépensez, les bienfaits sont amplifiés. Quelques exemples marquants leur sont tombés sous la main : chez certaines femmes, s’entraîner le soir boostait leur résultat par rapport au même effort placé à un autre créneau. À méditer la prochaine fois que la motivation du matin vous fait défaut…

Un effet sur la santé au-delà de la performance

Le timing ne serait pas seulement un allié de performance mais aussi de santé. Adapter votre séance à votre rythme naturel pourrait maximiser les effets bénéfiques chez tout le monde… y compris chez les personnes atteintes de maladies métaboliques type diabète de type 2 ou obésité. Juleen Zierath le résume ainsi :

  • « Tout le monde s’accorde à dire qu’il est bon de faire de l’exercice, quel que soit le moment de la journée, mais on peut peut-être affiner les résultats métaboliques de l’exercice en fonction du moment où on le fait. »

Mais ne jetez pas encore votre réveil ou votre tapis de yoga du matin. Car la science avance et, parfois, recule un peu aussi…

L’exception qui confirme (ou pas) la règle : chacun son horloge !

Toutes ces conclusions emballantes se heurtent à une réalité non négligeable : nous sommes tous différents. Si certaines analyses récentes doutent de la solidité des preuves, c’est principalement parce que chacun possède une horloge interne qui lui est propre. Karyn Esser, physiologiste à l’Université de Floride, explique : il y a les « alouettes », dont l’horloge tourne un peu moins de vingt-quatre heures, puis les « hiboux », dont elle dure un peu plus. Bref, difficile de synchroniser tout le monde sur le même fuseau horaire… surtout si celui-ci inclut les petits-déjeuners tardifs ou les insomnies poétiques !

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Bonne nouvelle toutefois : rien n’est figé ! Si, par malheur, votre rythme circadien n’est pas calé exactement comme vous le souhaitez, il peut être « réinitialisé ». Les travaux de l’équipe de Karyn Esser sur des souris le démontrent : après six semaines d’entraînement au même horaire quotidien, matin ou après-midi, les animaux voyaient leur capacité d’endurance se rejoindre. Hypothèse donc : chez l’humain aussi, le corps pourrait s’adapter par la régularité, et ainsi optimiser ses capacités à l’heure de votre choix.

Morale (sportive) de l’histoire : retentez, essayez, testez, mais restez fidèle à votre rendez-vous avec vous-même ! Les scientifiques en conviennent : le plus important reste de faire du sport, quelle que soit l’heure. Mais si vous trouvez LE créneau qui vous convient, gardez-le précieusement : votre santé et vos performances iront plus vite… que votre montre n’arrive à le réaliser !

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