Vous vous êtes déjà demandé pourquoi, après un trajet matinal en courant pour ne pas arriver plus en retard que le réveil ne l’a décrété, vous ressentez une fatigue que même le café du bureau ne dissipe pas ? Vous n’avez pourtant pas rallongé le chemin : 3 kilomètres, rien de plus, rien de moins ! C’est le grand match « courir versus marcher » qui se joue dans votre organisme et la réponse pourrait bien vous surprendre.
Pourquoi courir fatigue-t-il plus que marcher, pour la même distance ?
L’explication a été trouvée grâce à quelques manipulations pas très sexy (analyse des échanges gazeux, mesure de l’oxygène consommé et du dioxyde de carbone rejeté… ambiance labo, blouse blanche et tout le tralala). On en extrait le fameux « coût métabolique » de l’activité – c’est-à-dire l’énergie que vos organes dépensent pour déplacer votre personne d’un point A vers un point B.
Et devinez le verdict ? Courir consomme plus d’énergie que marcher, même si on parcourt exactement la même distance. Pas juste un peu : nettement plus !
Un bond vers le haut… et vers la dépense calorique
Pour comprendre pourquoi, il suffit d’ouvrir grand les yeux lors d’un footing (ou de zieuter, tranquille, les joggeurs dans le parc si vous êtes en mode observateur). Regardez ce va-et-vient du bassin et de la tête, tout ce mouvement vertical… Lorsque nous courons, notre corps ondule beaucoup plus de haut en bas que lorsque nous marchons. Et cette oscillation verticale est une vraie gloutonne en énergie !
- Les muscles des jambes doivent travailler plus fort pour soutenir et propulser le corps vers le haut.
- Une part de l’énergie fournie ne sert même pas à avancer, mais à « sauter » verticalement.
Résultat : pour franchir vos 3 km, le coût énergétique de la course à pied explose, par rapport à la marche.
Course et marche : la facture énergétique ne s’arrête pas à la ligne d’arrivée
Mais ce n’est pas tout. Votre corps n’est pas près de refermer le robinet énergétique après l’effort ! Chacune de ces activités déclenche une dépense qui continue après l’exercice. Et là encore, la course fait flamber la note : après avoir couru vos 3 km, votre organisme consomme de l’énergie supplémentaire pendant plusieurs minutes, histoire de faire redescendre la température corporelle et de reconstituer les stocks. Cette dépense post-exercice est plus de deux fois supérieure à celle constatée après une marche, simplement à cause de l’intensité de l’effort fourni.
En somme, à distance égale, courir revient encore plus cher (en calories, hein, rassurez-vous, pas à la caisse du supermarché !) que marcher.
Attention, la vitesse de marche chamboule tout !
Évidemment, il y a un bémol : la vitesse à laquelle vous marchez entre dans la danse métabolique. Si vous flânez tel un escargot motivé (marche très lente), votre trajet traîne tellement en longueur que, sur toute la durée, la dépense calorique finale peut dépasser celle de la course. Cela s’explique simplement : notre corps brûle toujours un minimum d’énergie par unité de temps, quelle que soit l’activité (c’est le « métabolisme de base » qui travaille en coulisses). Plus on met de temps, plus la note s’alourdit.
A contrario, si vous titillez les 8 km/h en mode marche ultra-rapide, l’affaire se complique. À cette allure, la coordination des mouvements demande aux muscles un effort magistral, sans le rebond pratique permis par l’élasticité des tendons en courant. Résultat ? Il devient alors plus efficace d’enchaîner sur une foulée de course !
D’ailleurs, notre corps a le chic pour sentir le moment où ça devient plus rentable de trotter que de marcher : sur un tapis roulant accélérant doucement, on finit spontanément par passer de la marche à la course pile au moment où la course devient moins énergivore.
En résumé : courir, marcher… votre corps n’y perd jamais !
Entre une oscillation verticale qui fait chauffer la machine et une dépense énergétique qui perdure après l’effort, il est donc incontestable que courir est plus « coûteux » en calories que marcher, quand on s’intéresse à une même distance et une allure normale de marche (autour de 5 km/h).
Mais voilà le vrai scoop : que vous marchiez ou couriez pour aller travailler, vous réalisez déjà de sacrées économies d’énergie… pour la planète ! Le principal, c’est de bouger, à votre rythme, sans pression. Et si jamais le réveil sonne trop tard, vous savez désormais pourquoi votre déjeuner vous paraît bien mérité après un sprint vers le bureau.



