Faire du sport, c’est bon pour le cœur… sauf si on mise tout sur la performance sans préparation ! Oui, bouger protège, mais vouloir courir un marathon après des années de canapé, c’est parfois jouer à la roulette russe avec ses artères. Focus sur l’équilibre subtil entre bouger pour vivre mieux et prendre soin de son moteur principal : notre cœur.
Le sport, un allié du cœur scientifiquement validé
- 30 à 45 minutes d’activité physique modérée chaque jour (comme marcher d’un bon pas), c’est -30% de risque d’accident cardiovasculaire selon la Fédération française de cardiologie.
- Les bénéfices de l’activité physique pour prévenir les maladies cardiovasculaires sont confirmés depuis longtemps et largement recommandés.
C’est simple : être actif, c’est prolonger la vie de son cœur, avec à la clé moins de soucis coronariens et de visites imprévues à l’hôpital.
L’erreur à éviter : vouloir en faire trop… trop vite
Attention, cependant, à ne pas transformer l’enthousiasme retrouvé en imprudence ! Pratiquer un exercice intense sans préparation, surtout après une longue pause, peut déclencher un infarctus du myocarde ou un arrêt cardiaque. L’activité vigoureuse figure même parmi les facteurs déclencheurs d’infarctus les plus puissants.
- Heureusement, les accidents restent rares : la plupart surviennent chez des personnes peu actives, soudain saisies d’une frénésie sportive.
- L’application de règles simples et le choix d’une activité adaptée permettent de limiter grandement ce risque.
Les événements tragiques très médiatisés, comme celui du footballeur Christian Eriksen à l’Euro 2020, ne représentent en fait que la partie émergée de l’iceberg. Seuls 6% des morts subites liées au sport ont lieu en compétition, 94% concernent des sportifs « loisir », beaucoup plus nombreux !
- En France, environ 1000 morts subites surviennent chaque année pendant la pratique sportive, à rapporter aux 30 000 à 50 000 morts subites annuelles dans le pays.
- Environ 5 % des morts subites totales sont liées au sport.
Qui risque quoi ? Comprendre les profils à surveiller
Certains sports sont plus concernés : course à pied, natation, cyclisme, randonnée, football et tennis entrent dans la catégorie des efforts d’endurance et de haute intensité. Environ 70% des événements concernent les pratiquants de ces disciplines.
L’analyse des données montre aussi que nos habitudes de vie pèsent lourd dans la balance :
- Âge, hypertension, diabète, tabac, excès de mauvais cholestérol, surcharge pondérale… forment le cocktail à haut risque.
- Chez les jeunes, c’est souvent une anomalie cardiaque non détectée, parfois d’origine génétique, qui joue le trouble-fête.
- Passé 35 ans, 80% des accidents relèvent d’une athérothrombose (rupture de plaque d’athérome et formation d’un caillot dans une artère coronaire).
- Les adultes et seniors, surtout ceux cumulant les lésions des artères coronaires, sont donc les plus exposés.
On note que l’entraînement régulier aide le cœur à s’adapter : il augmente le diamètre des petits vaisseaux, améliore leur réactivité. Mais paradoxalement, ces adaptations peuvent masquer l’ampleur des lésions coronaires, empêchant certains signes d’alerte d’apparaître avant l’accident aigu.
Selon une étude française (IMACS), près d’un tiers des sportifs ayant vécu un incident cardiaque avaient ressenti des douleurs en amont, sans pour autant consulter… et pourtant, une simple visite médicale aurait pu tout changer.
Dépister et prévenir : conseils pour un sport serein
- L’échelle SCORE (Systematic Coronary Risk Evaluation) aide à évaluer le risque : sexe, âge, tabac, pression artérielle et taux de cholestérol servent à stratifier la population.
- L’épreuve d’effort (électrocardiogramme d’effort) est surtout recommandée chez les symptomatiques ou les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension, diabète, tabagisme, antécédents familiaux, etc.).
- Une surveillance particulière est recommandée pour les hommes d’âge moyen pratiquant des sports de loisir : examen médical et dépistage des facteurs de risque sont conseillés.
- Pour les moins de 40 ans, les avis sont partagés entre électrocardiogramme systématique et prévention dite « primaire » : alimentation saine, absence de tabac, gestion de l’hypertension.
Au final, la pratique d’une activité physique régulière reste LA solution pour prévenir les maladies cardiovasculaires, bien loin devant le risque encouru lors d’une activité adaptée. Les actifs ont globalement un risque cardiovasculaire plus faible. Mais gare à la méconnaissance et à la négligence des symptômes : elles peuvent rendre la pratique sportive dangereuse, tout en ayant un impact fort sur le moral et la société. Alors, prêt à allier sport et prudence avec le sourire ?



