On dit souvent que bouger, c’est la santé, mais que se passe-t-il lorsqu’on ne sait plus s’arrêter ? Parfois, la passion pour le sport déraille, et ce n’est pas toujours aussi « sain » qu’on aime le croire. Voici ce que personne ne vous dit quand trop de sport devient dangereux :
Quand la passion pour le sport vire à l’obsession
- Votre agenda sportif déborde-t-il au point que vos séances se multiplient sans fin ?
- Vous arrive-t-il de repousser vos proches pour ne pas louper votre entraînement ?
- Votre enthousiasme sportif a-t-il commencé à ruiner votre productivité au travail ?
- Des shakers protéinés sont-ils devenus vos compagnons de table plus souvent que vos amis ?
Si vous vous reconnaissez dans l’une de ces situations, alors la lumière rouge clignote : peut-être êtes-vous déjà un peu trop accro à l’activité physique. Oui, même quelque chose d’aussi viril que la salle de sport peut être le théâtre discret d’une dépendance, pas toujours facile à admettre (ni à repérer, tant la société valorise encore celui qui « ne lâche rien »… sauf ses proches !).
Le témoignage frappant d’une passion qui bascule
Dans son livre Le sport, ma prison sans barreaux (Éditions Bold), Servane Heudiard raconte un parcours poignant. Animée par une passion dévorante pour l’entraînement, elle va jusqu’à se mettre elle-même en danger. « J’ai subi trois accidents graves de vélo », confie-t-elle. Pour elle, le dernier accident fut le fameux « électrochoc » : le déclic qui l’a poussée à ralentir… mais aussi à alerter sur ce mal silencieux. « L’addiction au sport est un sujet qui n’est pas encore assez pris au sérieux, il faut alerter davantage. » En effet, qui ose lever la main pour admettre que le sport, ce totem social, puisse être toxique ?
Reconnaître l’addiction : l’envers des salles de musculation
À la salle de musculation, les plus mordus affichent souvent une attitude caractéristique : un air hautain et peu aimable envers ceux qui, naïvement, ne seraient venus que pour se relaxer. Ce n’est pas qu’une question de surcharge pondérale d’ego ! Cette posture masque parfois une grande fragilité. L’obsession de la performance, la quête inlassable du « toujours plus », peut isoler, rendre irritable… et transformer l’allié-sport en tyran silencieux. On n’est alors plus vraiment là pour se sentir bien, mais pour répondre à une exigence qui vient de loin.
Faut-il s’inquiéter… ou relativiser ?
Bien sûr, il y en a qui tempèrent, et pas des moindres : addictologues aguerris et observateurs du monde sportif. Pour certains spécialistes, la notion d’« addiction » s’est probablement élargie à l’excès : « L’addiction aux substances ou activités nocives ne leur suffit plus. » Désormais, on invente des notions d’addiction au travail, au sexe… au sport ! « Pourquoi pas la lecture, les sushis ou la méditation ? » ironisent-ils, en pointant que dans 99,99 % des cas, la pratique intensive ne s’accompagne pas de souffrance et apporte, au contraire, des conséquences positives. Il n’est pas rare non plus d’entendre que la quasi-totalité des sportifs de haut niveau sont bigorexiques, tout en allant parfaitement bien.
À force de vouloir tout « pathologiser », le débat vire même parfois à la caricature, poussant certains à s’exclamer : « Tout ça devient ridicule ! » Mais que répondre à ceux pour qui l’obsession finit en accident, en rupture sociale… ou en isolement ? Voilà bien un vrai sujet de société, moins consensuel qu’il n’y paraît sur les podiums.
Conclusion : Comme souvent, la modération est la clé – même et surtout avec ce qui semble inoffensif. L’important ? Rester à l’écoute de soi, de ses envies, de ses limites… et des signaux de l’entourage. La passion ne doit jamais devenir une prison, même sans barreaux. Et si vous croisez un adepte de la salle particulièrement grognon : offrez-lui un sourire. Parfois, c’est tout ce dont on a besoin avant de changer… ou de changer de séance !



